Rencontre nationale août 2009
   

«Une pandémie
économique, sociale,
écologique, sanitaire,
alimentaire»

Quelle prévention faut-il mettre en place, à notre échelle, pour faire face à une véritable guerre de classes, conduite par les dominants ? Il faut en débattre afin de mieux comprendre et de pouvoir agir, collectivement.

Rencontre nationale
organisée par les publications
Debatte, La brèche, Solidarietà

28 (arrivée le soir) – 29 – 30 août 2009

Présentation

1. Dans les médias, tous les jours, le terme crise fait la une. Ce terme renvoie à l’idée d’une manifestation brusque et intense, d’une rupture dans un processus. C’est effectivement ce qui frappe aujourd’hui le capitalisme mondialisé au plan productif et pas seulement au plan commercial et financier. Les références à la crise des années 1930 se multiplient. Elles ne sont pas nécessairement les plus pertinentes. Un rappel à la première grande et longue crise de l’époque impérialiste, celle de 1870-1896, serait plus utile, malgré les limites de toutes les analogies en termes d’explication.

2. Chaque grande crise du capitalisme, pour celles et ceux qui veulent participer à un changement à la racine de ce système, fait surgir un ensemble d’interrogations, de questions. Quelles sont les origines effectives de cette crise ? Comment ont mûri et se sont accéléré les facteurs d’entrée en crise du système ? Quelles sont les interactions entre les diverses facettes de cette pandémie: économique, sociale, environnementale, sanitaire, alimentaire ? De quelle façon les affrontements de classes s’exacerbent-ils ? Sous quelles formes ces derniers nourrissent-ils des modalités de domination et d’oppression qui se concrétisent dans les rapports sociaux de genres ? En quoi la mondialisation du capital et la prise en main de «ressources naturelles» multiplient-elles les affrontements avec des populations «indigènes», que ce soit dans le delta du Niger (massacre des Ogoni, sous la houlette de Shell) ou en Amazonie (déplacements de communautés entières dans l’Amazone péruvienne, colombienne, brésilienne, etc.) ? Comment les puissances impérialistes anciennes et nouvelles (Chine, par exemple) s’approprient-elles, avec brutalité, des territoires entiers pour leurs besoins en matières premières, en produits agricoles, etc. ? Comment sont instrumentalisés xénophobie et racisme pour dévier les frustrations, le mécontentement et même les luttes sociales ?

3. La liste pourrait être prolongée. Mais l’important est de saisir la dimension effectivement mondiale et multiple de cette crise historique. Il serait erroné de ne se concentrer que sur sa dimension la plus visible – certes très importante – dans les pays dits développés, celle du chômage, des licenciements, des attaques au salaire social. Réduire la saisie de cette crise à cette seule dimension conduit, inévitablement, à une attitude de type syndicaliste radical. Ce qui évacue toutes les dimensions politiques, au sens du pouvoir et de son organisation dans la société. Mais aussi au sens des relations nouvelles entre les mutations d’une société, accentuées par la crise, et la gestion du pouvoir par les dominants.

4. Il n’y a pas de pouvoir économique sans pouvoir politique. C’est une banalité. Mais il n’y a pas de luttes, de mouvements de résistance des exploité·e·s, des dominé·e·s sans que des questions politiques, même embryonnaires, soient posées. Cette rencontre doit prolonger et collectiviser la réflexion dans le but d’une action commune, la plus large possible, qui rejoigne les différentes formes de réactions et résistances face à la volonté des dominants de maintenir leur ordre, un ordre morbide.

5. Les thèmes de cette rencontre répondent aux exigences qui sont mentionnées sous forme de questions ci-dessus.

• C’est la raison pour laquelle nous traiterons en premier de la crise économique, sociale et politique aux Etats-Unis, la première puissance militaire mondiale, mais une puissance économique sur le déclin et donc d’une rare brutalité face aux salarié·e·s «américains», qu’ils soient Blancs, Noirs, Latinos, Chicanos, etc.

• Puis nous chercherons à préciser la «nature» de cette crise. Est-ce une crise financière ? Est-ce une crise de sur production et de suraccumulation du capital qui a été massivement révélée par la contraction du crédit suite à la dite crise des «subprime», car depuis longtemps l’endettement tirait le moteur ? Est-ce une crise du néolibéralisme ? Est-ce une crise de la mauvaise gestion bancaire et de l’avidité des dirigeants ?

• Après avoir abordé ces deux grands thèmes, nous traiterons de la traduction de la crise économique et sociale sur les rapports sociaux de sexes.

• Enfin, nous aborderons la situation économique, sociale et politique en Suisse pour déboucher sur une question essentielle: quel élément d’un programme d’urgence nous pouvons développer et comment le concrétiser à l’échelle nationale et, partiellement, européenne ?


Déroulement

Vendredi 28 août 2009, 18.00-22.00 Arrivée

Samedi 29 août 2009
09.00 La situation aux Etats-Unis, exposé introductif de Ahmed Shawki, membre de l’ISO (International Socialist Organization), rédacteur de la revue International Socialist Review. L’exposé comportera deux parties: 1.- Le contexte économique et social aux Etats-Unis. 2.- La situation des syndicats et la question des rapports avec l’administration Obama: A partir de là: le type de revendications avancées par la petite «gauche syndicale» et par l’ISO

12.00 Repas

14.00 Quelles interprétations marxistes de la présente crise et les conclusions sociales et politiques qui en découlent. Exposés introductifs: 1° Christian Zeller, économiste-géographe ; 2° Charles-André Udry, économiste et rédacteur de la revue trimestrielle La Brèche.

18.30 Souper

20.00 Intervention d’Ahmed Shawki sur la politique extérieure des Etats-Unis sous Obama. Puis un film.

Dimanche 30 août 2009

09.00 La crise et les rapports sociaux de sexes, exposé introductif de Lidia Cirillo, membre de la rédaction de la revue Erre et animatrice des Quaderni Viola.

11.00 Situation en Suisse, quelles revendications, quelle intervention par rapport à des thèmes d’actualité, exposé introductif Pino Sergi, rédacteur du bimensuel Solidarietà (Tessin).

12.00 Repas de midi

14.00 Poursuite de la discussion

15.30 Bilan du week-end et perspectives

16.00 Clôture de la rencontre